raccourcihaut

 
  •  
     
  •  
  •  

 

Exposition Galerie Duchamp

Exposition collective Patrice Balvay, Anna Buno, Alexandrine Deshayes, Marie-Noëlle Deverre, Julie Polidoro, Cédric Tanguy, Sébastien Véniat
LES MACHINES CÉLIBATAIRES
Du 22 septembre au 10 novembre 2018
Vernissage le 21 septembre à 19 h

Documentation

En 1976, Harald Szeemann organisait à la Kunsthalle de Bâle une exposition collective et itinérante intitulée « Les Machines Célibataires », référence explicite au Grand Verre (1915-1923) de Marcel Duchamp.
Dans un ouvrage éponyme publié en 1954, Michel Carrouges se proposait déjà de faire la généalogie de ce mythe, dont il identifiait « un invariant fondamental » : « la distance ou différence entre la machine et la solitude humaine ». Prenant sa suite, Harald Szeemann conçut son exposition comme « la visualisation des angoisses, celles des célibataires naturellement ». Comme il le fit par la suite dans toutes ses expositions, il s’attacha à « saisir les énergies autant que possible à la racine » en montrant que « les comportements et les intentions sont ce qui compte, et non les produits finis ». Tous les artistes invités entretenaient déjà un rapport étroit avec le processus à l’oeuvre dans Le Grand Verre, oeuvre iconoclaste et magistrale de celui qui, avec désinvolture et facétie, marqua définitivement la création plastique du XXe siècle : parce que Le Grand Verre incarne un revirement radical dans la pratique de l’artiste qui renonce à la peinture et mobilise des techniques et des matériaux inédits dans les beaux-arts de la période ; parce que sa fabrication se déploya sur près de 10 ans de la vie de l’artiste, qui lui fit traverser l’Atlantique en 1915,l’emporta à Buenos Aires pour l’achever à New-York en 1923 ; parce qu’elle englobe toute l’entreprise artistique de Marcel Duchamp qui « veut créer quelque chose de réel, quelque chose qui ne soit pas une simple apparence, mais cette volonté est sans cesse démentie par son insistance sur l’instabilité fondamentale du ‹réel› »; parce qu’enfin l’oeuvre sous-titrée La Mariée mise à nu par les célibataires même se veut la représentation synthétique, à la manière d’un schéma industriel, du désir masculin — et de sa mise en échec.
L’application d’une telle minutie technique et d’une indéniable complexité conceptuelle à une problématique existentielle hautement subjective n’est pas dénuée d’ironie et de l’esprit de dérision si caractéristique du dadaïsme : si le sujet est sérieux, si l’application de l’artiste est totale, l’entreprise demeure drôlement absurde.